11 - Peinture a fresque

11.4 – Peinture a fresque

Dans l’église collégiale de San-Geminiano, on admire encore une fresque du Berna, maître éminent de l’école de Sienne, mort en 1380 (fig. 223).

Après avoir cité Margaritone et Bonaventuri Berlinghieri, précurseurs timides encore d’une grande individualité, l’école florentine place au premier rang de ses illustrations l’immortel Cimabué, que le monde artistique regarde

LE SONGE DE LA VIE

PAR ORCAGNA

Cette fresque est d’Andréa Cione, dit Orcagna, peintre florentin du quatorzième siècle, qui exécuta pour le Campo santo de Pise une série de peintures encore admirées, représentant les quatre fins de l’homme : la Mort, le Jugement, l’Enfer, le Paradis. Chacune de ces grandes compositions comporte plusieurs scènes : celle que nous reproduisons appartient au Triomphe de la Mort.

Pétrarque vient de faire entendre les dernières notes de son chant funèbre, et le peintre semble vouloir faire revivre sur la fresque la riche vision du poëte. Les heureux de ce monde sont là, réunis sous de frais ombrages, foulant de luxueux tapis; de brillants seigneurs murmurent de magiques paroles à l’oreille des jeunes femmes de Florence. Des faucons immobiles au poing des seigneurs semblent captivés eux-mêmes par cette musique délicieuse. Tout invite à l’oubli des misères de la vie : la richesse des vêtements, le beau ciel d’Italie, les parfums, les chants d’amour. C’est le Songe de la vie que la Mort doit emporter d’un coup d’aile.

à bon droit comme le véritable restaurateur de la peinture , ou plutôt comme l’hcureux déserteur des traditions byzantines. Cimabué indique la voie;Giotto, son disciple, s’y aventure courageusement. Il prend pour guide la nature, dont on la surnommé l’élève. Il cherche l’imitation réelle, et comme il trouve ce système merveilleusement appliqué dans les beaux marbres antiques, qui, d’ailleurs, avaient déjà inspiré au siècle précédent les sculpteurs Jean et Nicolas de Pise, il fait une sérieuse étude de ces vieux chefs-d’œuvre. L’élan est donné , et le Campo-Santo de Pise nous en montre les premiers résultats (voir ci-contre le Songe de la vie). Pendant deux siècles, l’ascension lente, mais toujours progressive, se fera par les soins de Buflalmacio, de Taddeo Guidi, des Orcagna, de Spinelli Aretino, de Masolino da Panicule. Avec le quinzième siècle apparaissent Fra Angelico da Fiesole, Benozzo Gozzoli, puis Masaccio, Pisanello, Mantegna, le Zingaro, le Pinturricchio, et enfin le Pérugin, maître du divin Raphaël. Au seizième siècle, l’art atteint son apogée : c’est à cette époque que Raphaël et ses élèves peignent la Farnésine, les Stanze et les Loges du Vatican (on sait que les deux premiers tableaux des Loges ont seuls été peints de la main de Raphaël (fig. 224 et 225); que Michel-Ange exécute seul l’immense page du Jugement dernier, et que Paul Véronèse peint les plafonds du palais des Doges à Venise. Puis, Jules Romain couvre de ses travaux les murs du palais du T, à Mantoue; Andréa del Sarto, ceux de Annunziata et de lo Scalzo, à Florence. Daniel de Volterra peint sa fameuse Descente de croix, pour la Trinité du Mont, à Rome; à Parme, le pinceau du Corrége fait merveille sur les parois du dôme de la cathédrale. Léonard de Vinci, outre cette Cène, que nous n’avons citée que pour l’exclure du nombre des fresques, dote le monastère de Saint-Onuphre, à Rome, d’une magnifique madone, et d’une Vierge colossale le palais de Caravaggio, près Bergame. C’est enfin l’âge des splendides enfantements de la Peinture murale, celui où le grand Buonarotti s’écrie, dans le labeur enthousiaste d’une de ses sublimes conceptions : « La seule peinture, c’est la« fresque; la peinture à l’huile n’est qu’un art de femmes et d’hommes paresseux et sans énergie. « Et cependant, du moins en tant que perfectionnement des procédés d’exécution, la fresque n’avait pas dit son dernier mot.

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