11 - Peinture a fresque

11.6 – Peinture a fresque

Tout au plus, voyons-nous antérieurement quelques sujets primitifs, pour ne pas dire barbares, peints çà et là en détrempe sur des parois d’églises ou de monastères, par des artistes inconnus.Il est juste, cependant, de distinguer, parmi ces naïfs monuments, quelques pages d’un effet puissant, sinon par l’exécution, au moins par l’idée qu’elles furent appelées à traduire : nous voulons parler des Danses macabres ou

Le Juif et la mort, épisode de la Danse des morts, peinte en 1441 dans le cimetière des Dominicains, à Bâle ; fac-simile de la gravure de Mathieu Mérian.
Le Juif et la mort, épisode de la Danse des morts, peinte en 1441 dans le cimetière des Dominicains, à Bâle ; fac-simile de la gravure de Mathieu Mérian.

Danses des morts, comme celle qui existait à Paris, au cimetière des Innocents, et celle qu’on peut voir encore dans l’abbaye de la Chaise-Dieu, en Auvergne; légendes bien plus que tableaux, compositions philosophiques bien plus qu’habiles manifestations de l’art.

L’Espagne n’a pas à tirer plus haute vanité de ses productions nationales;car, à part les fresques gothiques qui subsistent encore dans la cathédrale de Tolède, et qui représentent des combats entre les Mores et les Tolétans (morceaux) dignes surtout de rattention des archéologues), on ne peut citer, sur le sol de la péninsule ibérique, que les peintures de quelques voûtes de l’Escurial et d’une salle capitulaire dans le cloître de la même cathédrale de Tolède,la plupart des autres fresques étant essentiellement dues à des Italiens.

Pour que les artistes du Nord, instinctivement froids et méthodiques dans leurs procédés, s’adonnassent à la peinture murale, il semble avoir fallu qu’ils allassent retremper leur tempérament aux chauds rayons du ciel méridional;car à peine trouvons-nous, en Hollande, en Belgique, quelques murailles recouvertes de peintures décoratives, tandis qu’un grand nombre d’églises et de palais italiens renferment des fresques, signées de maîtres flamands.

On a fait beaucoup de bruit, il y a quelques années, de la découverte de peintures murales dans l’ancienne chapelle de Saint-Jean et Saint- Paul, à Gand. Ces peintures du quatorzième siècle, assez satisfaisantes sous le rapport du dessin, ont plus d’importance par les sujets qu’elles représentent que parle mérite de l’exécution (fig. 226).

Pour la région allemande, il ne faut pas omettre de signaler l’ancienne Danse des morts, peinte à Bâle, dans le cimetière des Dominicains, au milieu du quinzième siècle (fig. 227); une autre. Danse des morts, beaucoup plus fameuse, et les façades de quelques maisons, peintes à Bâle par Holbein; les peintures dont, en 1466, Israël de Meckenheim couvrit les parois d’une chapelle de Sainte-Marie du Capitole, à Cologne; et les fresques de Saint-Étienne et de Saint- Augustin, à Vienne; mais, de cet ensemble restreint de travaux, il ne s’ensuit pas que la Germanie ait créé ni même continué aucune école. A la vérité, c’est chez elle que de nos jours a paru vouloir se réveiller la culture de la fresque, ce bel art dont l’Italie a si longtemps gardé le brillant privilège, et l’on doit applaudir aux heureuses tentatives qui ont été faites en ce sens de l’autre côté du Rhin ; car, sans vouloir répéter le mot, peut-être un peu excessif, de Michel-Ange, nous croyons pouvoir dire,avec M. Breton, que, « dans les mains d’un peintre habile, doué d’une touche« large et vigoureuse, la fresque, appliquée sur une grande échelle à la décoration de vastes salles, de plafonds élevés, est réellement la reine de la peinture. «

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