12 - Peinture sur bois, sur toile, etc.

12.1 – Peinture sur bois, sur toile, etc.

Naissance de la Peinture chrétienne. — L’école byzantine. — Premier réveil en Italie.— Cimabue , Giotto,Fra Angelico. — Ecole florentine : Léonard de Vinci, Michel-Ange. — École romaine : Pérugin, Raphaël. — Ecole vénitienne : Titien, Tintoret, Véronèse. — École lombarde : le Corrége , le Parmesan— Ecole espagnole. — Ecoles allemande et flamande : Stéphan de Cologne, Jean de Bruges, Lucas de Leyde, Albert Durer, Lucas Cranack, Holbein. — La Peinture en France pendant le Moyen Age.—Les maîtres italiens en France. — Jean Cousin.

Après s’être timidement manifesté dans les ténèbres des catacombes, où se réfugiaient les premiers croyants pour la célébration des saints mystères , l’art pictural chrétien tenta de briller au grand jour, quand la foi nouvelle eut trouvé dans Constantin le suprême appui d’un adepte couronné. Mais cet art répugnait instinctivement à s’inspirer d’œuvres nées sous l’empire des croyances déchues et méprisées. Il lui sembla naturel de chercher, pour le culte tout spiritualiste du vrai Dieu, d’autres types que ceux qui avaient été consacrés par les fantaisies des mythologies matérialistes.

L’école de l’idée, qui venait se substituer à l’école de la forme, ne voulut rien devoir à sa frivole devancière. Elle se fût reproché de paraître continuer des traditions réprouvées, et s’efforça de créer de toutes pièces un art nouveau. Elle s’imposa donc la loi de regarder comme n’existant pas les chefs-d’œuvre qui rappelaient des temps d’erreur morale; et, refusant de s’inspirer des magnifiques vestiges du passé, elle tint à dater d’elle-même, à vivre par elle seule. De là ce principe d’énergique naïveté , qui retarda peut-être l’essor de l’art vers la perfection dite classique, mais qui fit au moins servir cette lente incubation à l’empreindre profondément du caractère propre dont il devait tirer et sa force et sa gloire.

Ainsi naquit, dans un ardent élan de foi, cette école véritablement primitive,qui a reçu le nom de byzantine, parce que, à l’époque même où elle se révélait en liberté, Constantin, transférant le siège de l’empire à Byzance, y entraîna nécessairement à sa suite la phalange artistique dont il était le protecteur, et parce que, dès lors, — comme nous l’avons déjà mainte fois remarqué, cette redite résultant du cadre même de nos études, — Byzance devint pour plu-sieurs siècles le seul foyer d’où la lumière rayonna vers l’Occident, qu’avait envahi la barbarie. C’est donc à l’école byzantine qu’il faut remonter, si l’on veut voir à leur origine toutes nos écoles de peinture européennes.

« L’allégorie, dit M. Michiels, fut le premier idiome de la peinture chrétienne; non-seulement elle exprima le dogme évangélique par des emblèmes,« mais les personnes divines se métamorphosèrent en symboles. Tantôt, par exemple, Jésus se montrait sous la figure d’un jeune berger portant sur ses« épaules et ramenant au bercail la brebis égarée; tantôt on le représentait comme l’Orphée de la loi nouvelle, charmant au son du luth et adoucissant« les animaux féroces… Il prenait encore la forme de l’agneau sans tache, ou« d’un phénix déployant ses ailes, vainqueur de la mort et des esprits de ténèbres. Ainsi était ménagée la transition; ainsi l’on échappait aux railleries« des païens, qui eussent tourné en ridicule les souffrances héroïques et les« glorieuses humiliations du Fils de l’homme. Mais cette timidité ne pouvait« se prolonger… Le concile tenu à Constantinople, en 692, ordonna de répudier l’allégorie et de montrer sans voiles aux fidèles les objets de leur vénération. Ce fut un spectacle nouveau pour les hommes, qu’un Dieu couronné d’épines, endurant les outrages d’une vile populace, ou étendu sur la croix,« percé d’un coup de lance, tournant vers le ciel de tristes regards, et luttant« contre la douleur. Les Grecs , les Latins , n’adoptèrent que lentement et« à regret ce mode de représentation… Mais l’idée de la grandeur morale devait éclipser la vaine pompe de la grandeur païenne; il fallait que les« généreuses angoisses du sacrifice devinssent la première de toutes les gloires.« Une fois constituée, la Peinture chrétienne, sur les rives du Bosphore,« s’immobilisa… Les formes, les attitudes, les groupes, les vêtements, tout« fut réglé par des prescriptions sacerdotales. Il y eut un manuel inflexible, « auquel les artistes durent se soumettre. La finesse du coloris, la noblesse« des poses, rappelèrent seules la beauté de l’art antique. De nos jours encore,« les peintres grecs et les peintres russes emploient les mêmes procédés, tracent leurs figures et les agencent de la même manière que leurs aïeux du temps d’Honorius ou des Paléologues. »

Baptême du roi Clovis. Fragment d'une toile peinte (quinzième siècle) de Reims.
Baptême du roi Clovis. Fragment d’une toile peinte (quinzième siècle) de Reims.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *