12 - Peinture sur bois, sur toile, etc.

12.4 – Peinture sur bois, sur toile, etc.

Ailleurs encore se révèlent de mâles ou gracieux talents; mais nous devons seulement jeter un regard d’ensemble sur cette mémorable époque artistique, et non procéder à la minutieuse revue des artistes et de leurs travaux. Et quelles lumières pourrions-nous encore envier pour notre tableau sommaire, après avoir montré, brillant pour ainsi dire à la fois, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Raphaël, Vecelli, Robusti, Paolo Cagliari, Allegri et Mazzuoli?

Quatre écoles principales sont en présence : l’école florentine, qui a pour caractère la vérité du dessin, l’énergie de la couleur, la grandeur de la conception;

récole romaine, qui cherche son idéal dans la savante et sobre entente des lignes, dans le calme noble des compositions, dans la justesse de l’expression et dans la suprême beauté des formes; l’école vénitienne, qui parfois néglige la correction du trait, pour s’attacher à l’éclat, à la magie du coloris;enfin l’école parmesane, qui se distingue surtout par la suavité de la touche et par la profonde science du clair-obscur. Qu’il soit bien entendu, toutefois, que ces appréciations des tendances du tempérament des divers groupes ne sont rien moins qu’absolues.

A la tête de la première école s’offrent à nous deux des organisations les plus riches, deux des esprits les plus vastes qu’ait jamais produits peut-être la nature humaine : c’est Léonard de Vinci (fig. 229), c’est Michel-Ange,tous deux statuaires en même temps que peintres, et, en outre, architectes,musiciens et poètes. Léonard de Vinci d’abord, dont le faire à deux époques bien distinctes : la première, tendant à la vigueur, par les ombres; à la rêverie,par les lumières surnaturelles; à l’effet général, par une véritable étrangeté,ou plutôt par une étrange vraisemblance; ensemble qui, ainsi que le dit M. Michiels, fait de Léonard « le plus septentrional des peintres italiens; la seconde, « nette, sereine, précise », qui nous transporte en « pleine sphère méridionale « ; mais un secret magnétisme entraînait si fortement l’artistevers sa première manière, qu’il y revint dans un âge avancé, pour peindre le fameux portrait de Mona Lisa (dit la Joconde) , qui orne la galerie du Louvre. N’oublions pas que c’est au pape Léon X (fig. 230) qu’il faut attribuer la grande renaissance des arts et surtout de la Peinture en Italie, au commencement du seizième siècle.

« Chez Michel-Ange, laissons encore la parole à M. Michiels, la science,« la force, la grandeur, toutes les qualités sévères se trouvent. Nul artifice vulgaire, nulle coquetterie. Le peintre avait dans l’esprit un idéal sublime« des types majestueux dont rien ne pouvait le détourner. Il sentait vivante en lui une population de héros, qu’il essayait d’incarner, de transporter au« dehors, à l’aide des couleurs et du marbre. Ses personnages ne semblent« point faire partie de notre race; ce sont des créatures dignes d’habiter un« monde plus spacieux, aux proportions duquel répondraient leur vigueur« physique et leur énergie morale. Les femmes mêmes n’ont point la grâce de« leur sexe; on dirait de vaillantes amazones capables de maîtriser un cheval« et de terrasser un ennemi. Le grand homme ne cherche ni à séduire ni à« plaire; il aime mieux étonner, frapper d’admiration ou de terreur, et c’est« par l’excès même de sa force qu’il a enlevé tous les suffrages… «

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