Aimery de Narbonne (-1134)

Aymeri II de Narbonne (-1134)

Aymeri II de Narbonne, vicomte de Narbonne de 1105 à 1134, tué à la bataille de Fraga, en Espagne, le 17 juillet 1134, a été le principal allié en Occitanie de son demi-frère, Raimond Bérenger III, comte de Barcelone, au cours des guerres menées par ce dernier contre le comte de Toulouse, Alphonse Jourdain et les Trencavel.

 

Résumé biographique

Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! Comment faire ?

Aymeri est l’aîné des quatre fils nés du vicomte Aymeri Ier de Narbonne et de Mahaut, fille de Robert Guiscard et veuve de Raimond Bérenger II de Barcelone. Il succède à son père après la mort de celui-ci en Terre Sainte, en 1104-1105.

Entre avril 1111 et juin 1112, son demi-frère, le comte de Barcelone Raimond Bérenger III, lui inféode le Fenouillèdes et le Peyrepertusès en échange de son appui militaire dans la guerre que le comte mène alors contre Bernard Aton IV3.

C’est aussi probablement en raison de l’aide que le vicomte fourni à son frère dans la guerre que celui-ci mène contre le comte Alphonse Jourdain de Toulouse pour le contrôle de la Provence que Raimond Bérenger inféode à Aymeri Beaucaire et la terre d’Argence4. Selon les termes du traité de paix négocié entre les comtes de Barcelone et de Toulouse pour le partage de la Provence, traité signé le 16 septembre 1125 et auquel souscrit le vicomte de Narbonne à titre de témoin, Raimond Bérenger cède à Alphonse Beaucaire et la terre d’Argence. Le vicomte Aymeri tiendra ces possessions en fief du comte de Toulouse, et Bernard d’Anduze les tiendra en fief du vicomte5.

En 1114, Aymeri participe à l’expédition menée par le comte de Barcelone et la République de Pise contre les îles Baléares, alors aux mains des musulmans. Le Liber maiolichinus (en) rapporte la participation à cette expédition (en) des plus grands seigneurs occitans : Guilhem V de Montpellier et Aymeri II de Narbonne, avec 20 navires chacun, Raymond des Baux, avec sept navires.

Aimeri II est tué le 17 juillet 1134 lors de la bataille de Fraga en combattant les Almoravides aux côtés d’Alphonse le Batailleur, roi d’Aragon.

Il est inhumé dans l’abbaye de Lagrasse, dont son frère Bérenger était alors abbé.

Ermengarde, l’aînée de ses filles, lui succède.

Mariages et enfants

Ermengarde de Servian et sa descendance

La première épouse du vicomte, Ermengarde, est attestée à ses côtés pour la première fois dans une charte du 26 mai 1114 et disparaît des documents après le 15 mars 11267,8. L’apparition d’une nouvelle femme aux côtés d’Aymeri en 1130 pouvait laisser supposer aux historiens la mort d’Ermengarde entre ces deux dates8. La médiéviste Jacqueline Caille a cependant signalé en 20051 la découverte du résumé d’un acte daté de 1152, par lequel « Ermengarde de Servian, du conseil d’Ermengarde, vicomtesse de Narbonne, sa fille, et de R. Étienne de Servian, son neveu, donne l’étang de Colobricis9 » au prieuré de Cassan. Caille en conclut que la première épouse d’Aymeri n’est pas morte entre 1126 et 1130, mais a plutôt été répudiée1. La famille de Servian, à laquelle appartient cette Ermengarde, s’affirme à partir de la fin du XIe siècle comme l’une des plus puissantes de la noblesse biterroise, immédiatement après les vicomtes de Béziers (la famille Trencavel) et les seigneurs de Montpellier10. La vicomtesse pourrait être la sœur d’Étienne de Servian, connu de 1103 à 1112, et la tante de Raymond Étienne de Servian (le neveu cité dans l’acte de 1152), attesté de 1127 à 11581,11. Sa répudiation pourrait peut-être s’expliquer, selon J. Caille, par le retour en grâce des seigneurs de Servian auprès des vicomtes Trencavel, avec qui Aymeri II a eu de nombreux différends1.

Ermengarde de Servian est la mère des trois premiers enfants connus du vicomte de Narbonne, deux fils et une fille. Les deux fils, attestés dans diverses chartes du vivant de son époux, sont morts avant ce dernier : l’aîné, portant le prénom dynastique d’Aymeri comme son père et son grand-père, apparaît dans trois documents entre 1126 et 1132; un acte de juin 1131 par lequel le vicomte s’engage avec « ses fils » prouve qu’ils étaient par ailleurs au moins deux à cette date. Sa fille, prénommée Ermengarde comme sa mère, est, selon une chronique juive écrite vers 1160-1161, la « troisième enfant » du vicomte et lui succède à sa mort en 1134.

Ermessinde et sa fille

La seconde femme d’Aymeri II, Ermessinde, épousée après la répudiation d’Ermengarde de Servian, paraît dans un seul acte du 19 janvier 1130. Sa famille est inconnue, mais son prénom a conduit les historiens à supposer qu’elle était la mère de la deuxième fille du vicomte, également baptisée Ermessinde13,14.

Cette seconde fille, morte en janvier 1177, est mariée vers 1152-1153 à un grand noble castillan, le comte Manrique de Lara (en) († 1164), seigneur de Molina et membre de l’une des plus puissantes familles du royaume de Castille. Parmi ses nombreux enfants, Aymeri († 1177) et Pedro Manrique de Lara (en) († 1202) sont tour à tour désignés comme héritiers de leur tante la vicomtesse Ermengarde de Narbonne (demi-sœur aînée d’Ermessinde), dépourvue de descendance. Pedro devient vicomte de Narbonne en 1192, fondant la seconde branche des vicomtes de Narbonne qui s’éteindra au XVe siècle avec Guillaume II.
Premiers contacts de Narbonne avec les troubadours
C’est au temps d’Aymeri II que Narbonne est associée pour la première fois avec la lyrique des troubadours, association qui semble remonter aux premiers temps du mouvement, puisqu’elle est l’une des seules cours explicitement mentionnées, avec Poitiers et Ventadour, dans les vers de Guillaume IX d’Aquitaine (1086-1127), le premier troubadour dont les chansons ont été conservées15,16. La première des deux tornadas (envoi) de la chanson du prince-troubadour Pus vezem de novelh florir est adressée à Narbonne et demande de confirmer la bonne qualité de la chanson. Pour le romaniste Walter Meliga, cet envoi « fait entrevoir l’existence d’un milieu de passionnés de poésie à Narbonne »17 dès cette époque.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *